lundi 12 octobre 2009
De la mitraillette à la seringue (Dr Klein)
Dans mon enfance, j'ai découvert que le Juif pour certains était la "bête noire", ce qui m'a conduit à toutes sortes de révoltes, à faire le coup de poing à l'école puis à manier la mitraillette. Aujourd'hui que je m'en tiens à la seringue et au bistouri, je me demande si une des formes de ma révolte n'a pas été précisément la défense de l'animal. Je crois que dans une certaine mesure j'ai voulu traiter les bêtes comme des hommes, en les protégeant de la cruauté, du mépris, de l'indifférence, parce que les hommes étaient parfois assez inhumains pour traiter leurs semblables comme des bêtes et pire encore. Ainsi, défendre l'animal, c'était encore défendre l'homme.
Ces bêtes qui m'ont fait homme - Dr Michel Klein
dimanche 11 octobre 2009
"Nous sommes des oies que l'on cherche à gaver depuis l'enfance et le problème n'est pas de savoir si cette nourriture est bonne ou pas, le problème est qu'on vous l'administre de force."
Extrait de Ardoise - Philippe Djian
"Si c'est la connaissance ou la sagesse que l'on recherche, déclare Miller, mieux vaut alors aller directement à la source, ce n'est pas le savant ni le philosophe, le maître, le saint ni le professeur, mais la vie elle-même, l'expérience brute de la vie."
Extrait de Ardoise - Philippe Djian
dimanche 12 juillet 2009
faire des listes
Anna Enquist - Le Secret
Primo Levi - Si c'est un homme (+)
Primo Levi - La trève (+)
Primo Levi - Le Devoir de mémoire
Yasmina Khadra - A quoi rêvent les loups
Truman Capote - Cercueils
Tolstoi - Anna Karénine
Alexandre Dumas - La Tulipe Noire
Francoise Sagan - Bonjour tristesse
Andrei Kourkov - Les pingouins n'ont jamais froid
Andrei Kourkov - Le Pingouin
Michel Houellebecq - Extension du domaine de la lutte
Eric Emmanuel Schmitt - La Rêveuse d'Ostende
Philip Roth - La Tache
Martin Page - Comment je suis devenu stupide (+)
JP Donleavy - La Dame qui aimait les toilettes propres
Liliane Schraûwen - La Fenêtre
Eric Reinhardt - Existence (+)
Gaelle Obiégly - Petite figurine en biscuit qui tourne sur elle-même dans sa boîte à musique
Andrei Makine - La fille d'un héros de l'Union soviétique
Russel Banks- De beaux lendemains (+)
Alexandre Zinoviev - L'Avenir radieux
Renate Dorrestein - Un Coeur de pierre
Sade - La philosophie dans le boudoir
Robert Merle - La mort est mon métier
Claude Hagège - L'Enfant aux deux langues (+)
Aldo Naouri - Les Filles et leurs mères (-)
(Recueils Nouvelles)
Jean Tousseul- La Cellule 158
Marcel Aymé - Enjambées
Robert Benchley- Psychologie du pingouin
Yves Pagès- Petites natures mortes au travail
Le Clézio - Mondo et autres histoires
Roald Dahl - Mathilda (anglais)
Roald Dahl - The Way up to heaven (anglais)
Xenophobe's guide to the Dutch (anglais)
Lus aux Pays-Bas, sept. 2008/août 2009; la bibliothèque de Sarah risque de me manquer -
en gras mes coups de coeur
dimanche 7 juin 2009
L'amour, c'est comme la scarlatine, il faut avoir passé par là.
Tantôt elle se représentait le moment où elle arriverait à Obiralovka, le billet qu'elle écrirait à Vronski, ce qu'elle lui dirait dès son entrée dans le salon de la vieille comtesse, où peut-être en ce moment il se plaignait des amertumes de sa vie sans vouloir comprendre ses souffrances à elle, Anna. Tantôt elle songeait qu'elle aurait pu encore connaître d'heureux jours: combien il était dur d'aimer et de haïr tout à la fois! combien surtout son pauvre coeur battait à se rompre!...
Anna Karénine - Tolstoï
Je ne sais comment parler de cette ressemblance avec Anna que j'ai ressentie à la fin, pas forcément rassurante.
Même si j'ai peut-être trouvé les études ennuyeuses que je pourrais faire à partir de l'an prochain - sous réserve de place, d'acceptation, d'appartement - j'espère secrètement qu'il me dise j'ai réussi, je pars, j'aimerais que tu viennes avec moi
mercredi 20 mai 2009
Pas vraiment la conviction de pouvoir sortir vivante de ce merdier. Je suis dingue?
Et je ferais semblant de ne pas l'être? Ou l'inverse?
Qu'est-ce qui pourrait expliquer que je dépérissais moralement à une vitesse extraordinaire, pendant quelques jours, et là, plus rien. Je suis juste d'humeur normale, j'ai passé une journée "normale". C'est à peine si j'ai le souvenir de ces jours affreux. S'endormir les tripes à vif et se réveiller une autre. Diagnostic différentiel monsieur?
L'ennui, je sais socialement me détruire aussi rapidement que je dépéris. Je dis des choses aussi stupides que douloureuses. Juste du suicide social, au cas où. Et quand j'ai un amoureux, c'est encore plus fort, incontrôlable. Après je peux juste me dire: putain, qu'est-ce qui m'a pris? Quel gâchis.
mardi 12 mai 2009
C'était une construction singulière, à la vérité, qui avait poussé sans ordre dans toutes les directions, comme une coulée volcanique. On ne savait pas très bien si c'était l'oeuvre de plusieurs architectes en désaccord, ou d'un seul mais fou.
La treve - Primo Levi
lundi 11 mai 2009
La crainte de la faute peut conduire non au simple silence intermittent...mais à un véritable état d'aphasie.
A la puissante motivation qui, avant dix ans, pouvait aimanter l'enfant vers les langues si les conditions étaient réunies pour les lui rendre attrayantes, succède une inquiète curiosité, qu'alimentent bien d'autres aspects de l'existence. Dès lors, le goût enfantin pour les manipulations verbales se trouve fortement réduit. L'allègre spontanéité est relayée par une obsession de l'image sociale que l'on donne à voir, par une attitude soucieuse, à tout moment, de l'opinion d'autrui, et donc par une crainte de la faute (lathophobie). Celle-ci, au lieu d'être sereinement assumée comme profitable par la correction qu'elle appelle, est obstinément redoutée comme disqualifiante par le ridicule qu'elle produirait. Certains diront qu'un facteur aggravant est le caractère national des Français, auxquels, paraît-il, rien n'est plus insupportable que de passer pour des dupes. Quoi qu'il en soit, dans les cas extrêmes, la crainte de la faute peut conduire non au simple silence intermittent que l'on observe couramment dans les classes de langues, mais à un véritable état d'aphasie.
L'Enfant aux deux langues - Claude Hagège
vendredi 8 mai 2009
Si l'argent ne fait pas le bonheur, ce n'est pas de sa faute.
Il ne comprenait pas que ce qu'il appelait paresse était en réalité, pour certains, hauteur, distance par rapport à l'ordinaire. Je n'étais pas de ceux qui veulent gagner leur vie grassement.
À quoi rêvent les loups - Yasmina Khadra



